Contexte
À Chauderon, deux personnes montent sans billet. Même bus, même contrôleur, même surtaxe : 100 francs.
La première paie sur place, agacée, et n’y pense plus. La seconde ne peut pas. Pas ce mois-ci, pas le suivant.
Pour elle, la suite est une chaîne : plainte, ordonnance, amende, poursuite. La poursuite échoue, parce qu’on ne saisit rien à qui n’a rien. Alors la loi convertit : cent francs, un jour1. C’est la peine privative de liberté de substitution.
Mille francs, dix jours. Pour elle seulement.
Le problème
Cette peine n’existe que pour les personnes insolvables. Les autres paient et rentrent chez elles.
Quatre mille personnes. Huit jours en moyenne. Pas des dangers publics : des gens à qui il manquait cent francs le bon jour.
À Zurich, quatre de ces peines sur dix viennent des transports publics3.
Ce que ça coûte
Un jour de cellule coûte à la collectivité entre 200 et 400 fr.4 Et la cellule éteint la dette : dix jours purgés, les mille francs ne sont plus dus.
L’État dépense trois mille francs pour ne pas en encaisser mille.
« Je coûte presque plus que ce que je rembourse. »
Violette, 54 ans5
Elle a compris le système mieux que ceux qui le votent.
Le mécanisme
Chaque contrôleur en plus produit des amendes en plus. Chez les personnes en situation précaire, chaque amende en plus produit des jours de prison en plus. Chaque jour coûte plus que l’amende.
La chaîne ne rapporte rien à personne. Sauf à ceux qui veulent que la précarité reste visible et punie.
En mars 2026, le Conseil national l’a confirmée à 115 voix contre 616.
Ce site, alors
Une carte des contrôles TL en direct, tenue par les lausannois. Ce n’est pas un outil de fraude : voyager sans billet est interdit et ça commence à 100 fr.
C’est un compteur. À chaque point rouge, additionnez les salaires, les ordonnances, les poursuites et les nuits de cellule mobilisés pour encaisser 3,90.
L'initiative
Une initiative populaire fédérale demande des transports publics gratuits pour toute la Suisse. Elle est portée depuis Lausanne par Agissons !, parce que les cantons ont buté sur des blocages juridiques.
Elle récolte des signatures maintenant : agissons-ch.org.
Gratuit. Pas « moins cher ».
Ce qu’on garde de vous
Rien. Pas d’IP, pas de pseudo, pas de texte, pas de cookie, pas de compte.
Le détail, ligne par ligne, est dans les mentions et la politique de confidentialité.
Le jour où le m2 ne coûte plus rien à personne, ce site ferme.